Atmosphère et paramètres météorologiques
Sur la période 1959-2009, la tendance observée à l’augmentation des températures moyennes annuelles dépasse +0,3°C par décennie.
Les projections climatiques montrent une poursuite du réchauffement jusqu’en 2050, quel que soit le scénario.
Selon le RCP8.5 (scénario sans politique climatique), le réchauffement pourrait atteindre +4°C à l’horizon 2071-2100
Vagues de chaleur
Climat passé
On observe une augmentation de la fréquence des événements de vagues de chaleur à partir des années 1990. Cette évolution se matérialise aussi par l’occurrence de vagues de chaleur plus longues et plus intenses ces dernières années. La canicule observée en France du 2 au 19 août 2003 est de loin l’événement le plus marquant sur la période d’observation.
Entre 1947 et 2019, Météo France a identifié 47, 48 et 50 épisodes de vagues de chaleur respectivement en Lorraine, en Champagne-Ardenne et en Alsace. Sur la même période, 41 épisodes ont été enregistrés en France. La région GE a une sensibilité particulière à cet aléa climatique, du fait de sa position géographique qui la dote d’un climat un peu plus continental (l’océan étant un bon modérateur des vagues de chaleur).
Climat futur
La fréquence et l’intensité des vagues de chaleur en France pourraient augmenter au XXI ème siècle, mais avec un rythme différent entre l’horizon proche (2021 2050) et la fin du siècle (2071-2100). Dans un premier temps, un doublement de la fréquence des événements est attendu vers le milieu du siècle.
En fin de siècle, les vagues de chaleur pourraient être bien plus fréquentes qu’aujourd’hui mais aussi beaucoup plus sévères et plus longues, avec une période d’occurrence étendue de la fin mai au début du mois d’octobre.
Humidité des sols
La comparaison du cycle annuel d’humidité du sol entre la période de référence climatique 1961-1990 et les horizons temporels proches (2021-2050) ou lointains (2071-2100) sur le XXI ème siècle montre un assèchement important en toute saison.
On note que l’humidité moyenne du sol en fin de siècle pourrait correspondre aux situations sèches extrêmes d’aujourd’hui.
Précipitations
Quel que soit le scénario considéré, les projections climatiques sur l’évolution des précipitations annuelles d’ici la fin du XXI ème siècle montrent des contrastes saisonniers, avec une augmentation des précipitations hivernales et une diminution des précipitations estivales, plus ou moins marquées selon le scénario.
Vous souhaitez connaître les évolutions climatiques à l’échelle de votre EPCI ou de votre commune ? Rendez-vous sur le nouvel outil de Météo France : Climadiag
Plantes envahissantes et espèces nuisibles
Développement de l’ambroisie
L’Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.), est une plante originaire d’Amérique du Nord et qui se propage fortement en France. Son pollen, émis en fin d’été, provoque d’importantes réactions allergiques. Quelques grains de pollen par mètre cubes d’air peuvent provoquer des symptômes chez les personnes sensibles : rhinites, conjonctivites, des symptômes respiratoires tels que la trachéite et l’asthme, voire de l’urticaire et de l’eczéma.
En 2017, l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône Alpes a estimé que dans cette région fortement infestée par cette plante, près de 10% de la population régionale a consommé des soins en lien à son pollen pour un coût global estimé à plus de 40,6 millions d’euros (consultations, désensibilisation, dépenses de médicaments, arrêts de travail, …). Il est donc important de prévenir les effets de cette plante au niveau national afin d’en minimiser l’impact.
Caractéristiques de l’Ambroisie - Les feuilles d’armoise
Depuis 2018, FREDON Grand Est est missionnée par l’ARS Grand-Est pour animer et coordonner le plan régional de lutte contre les ambroisies visant à :
- assurer la surveillance des populations d’ambroisie
- améliorer les connaissances sur ces espèces et les moyens de lutte
- sensibiliser aux risques
- coordonner les acteurs et les actions
- développer des outils de gestion
- promouvoir les actions de lutte
Dans le cadre de son travail d’animation régionale du plan de lutte contre l’ambroisie, la FREDON assure notamment :
- l’animation de réunions publiques d’information et de sensibilisation aux risques sanitaires liés à la présence d’ambroisie
- des formations à la reconnaissance de cette espèce et aux moyens de lutte
Source : Plateforme de signalements Atlasanté, réseau des Conservatoires botaniques nationaux et partenaires, réseau des FREDON, réseau des CPIE, Plateforme Epiphyt_Extract
Ambroisie et changements climatiques
Contexte : Par effet des changements climatiques, les ambroisies pourraient envahir davantage le territoire européen. Cependant, l’évolution de la concentration des pollens dans l’air ne dépend pas seulement de l’invasion des plantes, mais aussi de la production du pollen, de sa libération et de sa dispersion. Pour prédire l’évolution des concentrations en pollen d’ambroisie, un modèle prenant en compte ces facteurs a été utilisé en corrélation avec les scénarios de changements climatiques RCP 4.5 et 8.5 (voir explication des scénarios RCP dans le paragraphe 8. Changements climatiques).
D’ici 2050, les concentrations atmosphériques en pollen d’ambroisie seront environ 4 à 4.5 fois plus élevées qu’aujourd’hui dépendamment des scénarios RCP 4.5 ou 8.5. Environ un tiers de l’augmentation du pollen présent dans l’air sera dû à la dispersion des graines, indépendamment des changements climatiques. Les deux tiers restants seront liés aux changements climatiques qui étendront l’habitat de l’ambroisie dans le nord et l’est de l’Europe et qui augmenteront la production de pollen dans les zones où l’ambroisie est établie en raison de l’augmentation de la concentration en CO2 .
Les charges de pollen deviendront importantes dans les zones où elles sont actuellement pratiquement nulles (centre-nord de l’Europe, nord de la France et sud du Royaume-Uni). Dans les zones actuellement à haut niveau de pollen, les concentrations pourront augmenter jusqu’à un facteur approximatif de deux. L’augmentation sera donc plus importante dans le nord de l’Europe, qui présente aujourd’hui des concentrations faibles en pollen et toute augmentation sera significative, alors qu’en Europe centrale et du Sud, les concentrations en pollen sont actuellement déjà élevées.
Par conséquent, les changements climatiques et la dispersion des graines d’ambroisie dans les zones actuelles et futures augmenteront la concentration en pollen, ce qui augmentera l’incidence et la prévalence de l’allergie à l’ambroisie au sein des populations.
Simulation du taux annuel moyen et futur de grains de pollen d’ambroisie en m3 .
Développement de la chenille processionnaire
Les Processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa D.&S.) et les Processionnaires du chêne (Thaumetopea processionea L.) sont des insectes (papillons) qui, au stade chenille, sont recouverts de poils urticants. Ces poils, que l’on retrouve sur les chenilles du 3e au 5e stade larvaire, dans les cocons, dans les nids et dans les sites d’enfouissement sont dangereux pour les humains et les animaux domestiques (chiens, chats, etc.). Ils peuvent être à l’origine de réactions graves (respiratoires, cutanées, des muqueuses ou de l’œil). C’est également une menace pour les exploitations forestières (défoliation des espèces présentes en exploitation forestière ou dans les parcelles urbaines).
Ces espèces étendent leur implantation vers le nord-est en raison du changement climatique. Les températures hivernales douces, aussi bien en latitude qu’en altitude, favorisent en effet l’éclosion des œufs et la croissance des larves.
Chenille processionnaire du pin
Carte des remontées d’observations de la Processionnaire du pin en France métropolitaine entre 2007 et 2023
Source : Observatoire des chenilles processionnaires – FREDON France https://chenille-risque.info/ou-se-trouvent-les-chenilles-processionnai…;
Comment la reconnaître ?
Sa chenille mesure de quelques millimètres (stade L1) à 40 mm de long (stade 4 ou 5), brune noirâtre avec des taches rougeâtres sur le dessus et les flancs. Sa face ventrale est jaune. Le corps est fortement velu et couvert de soies urticantes et allergisantes. Les chenilles marchent en procession et construisent des nids de soies aux extrémités des branches de pins et de cèdres, dont elles se nourrissent des aiguilles.
Chenille (stade larvaire)
La chenille processionnaire du chêne
Carte des remontées d’observations de la Processionnaire du chêne en France métropolitaine entre 2007 et 2023
Source : Observatoire des chenilles processionnaires – FREDON France https://chenille-risque.info/ou-se-trouvent-les-chenilles-processionnai…
Comment la reconnaître ?
Sa chenille mesure de quelques millimètres (stade L1) à 50 mm de long (stade 4 ou 5). Elle est jaunâtre avec une ligne foncée sur le dos. Le corps est fortement velu et couvert de soies urticantes et allergisantes, qui lui donne un aspect gris argenté. Les chenilles marchent en procession et construisent des nids de soies sur les troncs et les branches de chênes. La nuit, elles quittent leur nid pour se nourrir des feuilles.
Chenille (stade larvaire)
Pour plus d'information : Les chenilles processionnaires : des chenilles urticantes à ne pas toucher ni approcher !
Développement du frelon asiatique
Etabli en 2004 dans le lot et Garonne, le frelon asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina nigrithorax, n’a depuis cessé d’étendre son aire de répartition en France, pour arriver en Grand-Est. Depuis 2015, il y est officiellement présent dans les départements de l’Aube, de la Marne et de la Meurthe-et-Moselle et s’est ensuite installé dans tous les départements de la région Grand Est, à l’exception du Haut-Rhin qui reste à ce jour officiellement indemne.
Le frelon asiatique, Vespa velutina nigrithorax, est un prédateur avéré d’Hyménoptères sociaux, notamment des abeilles et des guêpes mais il consomme aussi une grande variété d’autres insectes et d’araignées.
Signalements des nids et des spécimens de frelons asiatiques en région Grand-Est depuis 2015 :
Le frelon asiatique présente des colorations à dominante noire, avec une large bande orange sur l’abdomen et un liseré jaune sur le premier segment. Sa tête vue de face est orange, et les pattes sont jaunes aux extrémités. Il mesure entre 17 et 32 mm. Grâce à un examen visuel, il est différenciable de son cousin européen, indigène de nos régions, Vespa crabro.
Frelons asiatiques et changements climatiques
Contexte : Le frelon asiatique est largement répandu dans les climats tempérés et subtropicaux et est le seul à avoir établi des populations en dehors de son aire de répartition d’origine en Asie. Avec les changements climatiques, son aire de répartition potentielle pourrait être modifiée et s’étendre plus au nord par augmentation de la température hivernale minimale. Cela pourrait diminuer les déclins hivernaux et faciliter son implantation sur certains territoires.
En France, des nids ont été trouvés à 200 ou 300 km du front de colonisation connu (Rome et al., 2009), ce qui montre que l’espèce peut se disperser sur de longues distances. Ainsi, la colonisation de nouvelles zones propices de l’Europe de l’Est ou de la Suède ne devrait pas être limitée par la capacité de dispersion du frelon asiatique dans les années à venir. Outre les conditions climatiques adéquates et l’abondance de l’une de ses principales sources de nourriture (les abeilles domestiques) qui pourraient faciliter sa propagation en Europe de l’Est, le faible niveau de compétition auquel le frelon asiatique fait face en Europe pourrait aggraver cette propagation.
Prévisions de la distribution de Vespa velutina nigrithorax dans les conditions climatiques actuelles (2010) et futures (2100). Les probabilités d’installation augmentent du bleu au rouge.
Source : Rome et al., 2014
A long terme, cela pourrait être très préjudiciable pour les abeilles domestiques dans un contexte mondial caractérisé par leur déclin persistant (Potts et al., 2010) et par un risque croissant de perturbation de l’interaction plantes-pollinisateurs due au réchauffement de la planète (Memmott et al., 2007).
Santé et société
Quantité de pollens de bouleaux présents dans l’air
Les quantités de pollens de Bouleau qui sont libérés en mars-avril dépendent des températures et du temps qu’il a fait à partir du mois de juillet de l’année précédente. Les températures utilisées représentent l’année phénologique du Bouleau à savoir de Juillet à Juin de l’année suivante. Trois villes de la région Grand Est avec des climats et des végétations différents ainsi que des données pollens fiables (RNSA) ont été choisies : Reims, Nancy et Strasbourg. Afin de limiter les effets des variations interannuelles liés à de simples conditions météorologiques, une moyenne mobile sur 4 ans (l’année en cours et les 3 années précédentes) de ces trois villes a été réalisée pour avoir la quantité de pollens de Bouleau et la température pour chaque année.
Par ailleurs, de nombreuses publications montrent que les changements climatiques et la hausse des températures peuvent conduire aux phénomènes suivants, selon les zones géographiques et les espèces considérées :
- hausse de la quantité de pollens de Bouleau émis et donc une augmentation des allergies.
- augmentation de la durée de la saison pollinique même si ce phénomène est moins visible que le précédent
- déplacement de l’aire d’extension de certaines espèces vers le Nord ou en altitude.
D’après les simulations, les effets des changements climatiques sur les pollens vont se poursuivre et même s’amplifier dans le futur.
Forêts
L’Observatoire des Forêts Françaises
Retrouvez les informations de référence et thématisées sur les grands enjeux forestiers actuels, ainsi que des cartes et des services utiles à la connaissance et à la gestion des forêts à l’échelle des territoires sur le site de l’Observatoire des Forêts Françaises.
Eau
Proportion d’assecs observés en été sur les petits cours d’eau suivis
L’étiage définit la période où le débit du cours d’eau est au plus bas. C’est un phénomène naturel qui peut être amplifié par les prélèvements d’eau ou le changement climatique. L’assec correspond à l’absence d’eau.
Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter la page source des données : https://naturefrance.fr/indicateurs/petits-cours-deau-asseches-en-ete
Agriculture
ORACLE Grand Est : les impacts du changement climatique sur l’agriculture régionale
Avec le soutien de l’ADEME et du Conseil régional Grand Est, les Chambres d’agriculture publient le livret ORACLE (Observatoire Régional sur l’Agriculture et le Changement cLimatiquE) : pour aller plus loin dans la connaissance des impacts du changement climatique sur l’agriculture régionale.
Oracle a pour ambition d’aider le monde agricole à mieux intégrer l’évolution du climat dans ses prises de décisions, sa stratégie, ceci à des fins d’adaptation et d’atténuation.
Le lien vers la page dédiée sur le site de la chambre d’agriculture
Le lien vers le livret ORACLE.
Rendement du blé tendre
On observe dans les dix départements du Grand Est une rupture dans la progression des rendements en blé tendre qui se manifeste au cours des années 1990. Ce phénomène, qui s’observe sur l’ensemble de la France métropolitaine, résulte pour moitié du changement climatique qui a accru les stress hydrique et thermique en fin de cycle cultural. L’avancement des dates de semis, le choix de variétés précoces (dans les limites permises par l’agronomie) et la recherche de variétés tolérantes aux températures élevées sont les voies majeures d’adaptation qui devront être testées.
Culture endémique de la région
Betterave
On constate globalement sur la période1950 – 2019 une forte croissance des rendements (*3.5) de betterave sucrière. Une partie de ces progrès est liée à l’augmentation des températures au printemps. Cependant l’infléchissement récent (depuis 2011) des rendements observés tempère les perspectives de gain futur.
Rendement du pois protéagineux
On observe une baisse significative des rendements en pois sur la majorité des départements du Grand Est. Le pois est particulièrement sensible aux stress thermique et hydrique de fin de cycle qui tendent à augmenter avec le changement climatique. Les opportunités d’évitement de ces stress résident à la fois dans les pratiques (dates de semis) et le choix des variétés. Cet évitement doit être conçu sans augmenter les risques de gel tardif auquel le pois est sujet au printemps

