Plantes envahissantes et espèces nuisibles

Développement de l’ambroisie

L’Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.), est une plante originaire d’Amérique du Nord et qui se propage fortement en France. Son pollen, émis en fin d’été, provoque d’importantes réactions allergiques. Quelques grains de pollen par mètre cubes d’air peuvent provoquer des symptômes chez les personnes sensibles : rhinites, conjonctivites, des symptômes respiratoires tels que la trachéite et l’asthme, voire de l’urticaire et de l’eczéma.

En 2017, l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône Alpes a estimé que dans cette région fortement infestée par cette plante, près de 10% de la population régionale a consommé des soins en lien à son pollen pour un coût global estimé à plus de 40,6 millions d’euros (consultations, désensibilisation, dépenses de médicaments, arrêts de travail, …). Il est donc important de prévenir les effets de cette plante au niveau national afin d’en minimiser l’impact.

Carte de répartition de l’Ambroisie à feuilles d’armoise en France métropolitaine entre 2000 et 2018 – Observatoire des ambroisies – FREDON France

Source : Plateforme de signalements Atlasanté,
réseau des Conservatoires botaniques nationaux et
partenaires, réseau des FREDON, réseau des CPIE,
Plateforme Epiphyt_Extract

Caractéristiques de l’Ambroisie à lfeuilles d’armoise


Depuis 2018, FREDON Grand Est est missionnée par l’ARS Grand-Est pour animer et coordonner le plan régional de lutte contre les ambroisies visant à :

  • assurer la surveillance des populations des populations d’ambroisie
  • améliorer les connaissances sur ces espèces et les moyens de lutte
  • sensibiliser aux risques
  • coordonner les acteurs et les actions
  • développer des outils de gestion
  • promouvoir les actions de lutte

Dans le cadre de son travail d’animation régionale du plan de lutte contre l’ambroisie, la FREDON assure notamment :

  • l’animation de réunions publiques d’inforatmion et de sensibilisation aux risques sanitaires liés à la présence d’ambroisie
  • des formations à la reconnaissance de cette espèce et aux moyens de lutte

Carte de signalements de l’Ambroisie à feuilles d’armoise en Grand-Est entre 2000 et 2018 – Observatoire des ambroisies – FREDON Grand Est

Source : Plateforme de signalements Atlasanté, réseau des Conservatoires botaniques nationaux et partenaires, réseau des FREDON, réseau des CPIE, Plateforme Epiphyt_Extract

Vous avez repréré une plante
susceptible d’être de l’ambroisie,


Ambroisie et changements climatiques

Contexte

Par effet des changements climatiques, les ambroisies pourraient envahir d’avantage le territoire européen. Cependant, l’évolution de la concentration du pollen de l’air ne dépend pas seulement de l’invasion des plantes, mais aussi de la production du pollen, de sa libération et de sa dispersion. Pour prédire l’évolution des concentrations en pollen d’ambroisie, un modèle prenant en compte ces facteurs a été utilisé en corrélation avec les scénarios de changements climatiques RCP 4.5 et 8.5 (voir explication des scénarios RCP dans le paragraphe 8. Changements climatiques).

D’ici 2050, les concentrations atmosphériques en pollen d’ambroisie seront environ 4 à 4.5 fois plus élevées qu’aujourd’hui dépendamment des scénarios RCP 4.5 ou 8.5. Environ un tiers de l’augmentation du pollen présent dans l’air sera dû à la dispersion des graines, indépendamment des changements climatiques. Les deux tiers restants seront liés aux changements climatiques qui étendront l’habitat de l’ambroisie dans le nord et l’est de l’Europe et qui augmenteront la production de pollen dans les zones où l’ambroisie est établie en raison de l’augmentation de la concentration en CO2 .

Les charges de pollen deviendront importantes dans les zones où elles sont actuellement pratiquement nulles (centre-nord de l’Europe, nord de la France et sud du Royaume-Uni). Dans les zones actuellement à haut niveau de pollen, les concentrations pourront augmenter jusqu’à un facteur approximatif de deux. L’augmentation sera donc plus importante dans le nord de l’Europe, qui présente aujourd’hui des concentrations faibles en pollen et toute augmentation sera significative, alors qu’en Europe centrale et du Sud, les concentrations en pollen sont actuellement déjà élevées.


Par conséquent, les changements climatiques et la dispersion des graines d’ambroisie dans les zones actuelles et futures augmenteront la concentration en pollen, ce qui augmentera l’incidence et la prévalence de l’allergie à l’ambroisie au sein des populations.

Simulation du taux annuel moyen et futur de graisn de pollen d’ambroisie en m-3 .

Développement du frelon asiatique

Etabli en 2004 dans le lot et Garonne, le frelon asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina nigrithorax, n’a depuis cessé d’étendre son aire de répartition en France, pour arriver en Grand-Est. Depuis 2015, il y est officiellement présent dans les départements de l’Aube, de la Marne et de la Meurthe-et-Moselle et s’est ensuite installé dans tous les départements de la région Grand Est, à l’exception du Haut-Rhin qui reste à ce jour officiellement indemne.

Le frelon asiatique, Vespa velutina nigrithorax, est un prédateur avéré d’Hyménoptères sociaux, notamment des abeilles et des guêpes mais il consomme aussi une grande variété d’autres insectes et d’araignées.

Signalements des nids et des spécimens de frelons asiatiques en région Grand-Est depuis 2015 :

Identification du frelon asiatique et différences avec le frelon européen

Source : Quentin Rome & Claire Villemant – PatriNat AFB-CNRS-MNHN & ISYEB UMR7205 – Muséum national d’Histoire naturelle – Paris, France

Le frelon asiatique présente des colorations à dominante noire, avec une large bande orange sur l’abdomen et un liseré jaune sur le premier segment. Sa tête vue de face est orange, et les pattes sont jaunes aux extrémités. Il mesure entre 17 et 32 mm. Grâce à un examen visuel, il est différenciable de son cousin européen, indigène de nos régions, Vespa crabro.


Frelons asiatiques et changements climatiques

Contexte

Le frelon asiatique est largement répandu dans les climats tempérés et subtropicaux et est le seul à avoir établi des populations en dehors de son aire de répartition d’origine en Asie. Avec les changements climatiques, son aire de répartition potentielle pourrait être modifiée et s’étendre plus au nord par augmentation de la température hivernale minimale. Cela pourrait diminuer les déclins hivernaux et faciliter son implantation sur certains territoires.

En France, des nids ont été trouvés à 200 ou 300 km du front de colonisation connu (Rome et al., 2009), ce qui montre que l’espèce peut se disperser sur de longues distances. Ainsi, la colonisation de nouvelles zones propices de l’Europe de l’Est ou de la Suède ne devrait pas être limitée par la capacité de dispersion du frelon asiatique dans les années à venir. Outre les conditions climatiques adéquates et l’abondance de l’une de ses principales sources de nourriture (les abeilles domestiques) qui pourraient faciliter sa propagation en Europe de l’Est, le faible niveau de compétition auquel le frelon asiatique fait face en Europe pourrait aggraver cette propagation.


A long terme, cela pourrait être très préjudiciable pour les abeilles domestiques dans un contexte mondial caractérisé par leur déclin persistant (Potts et al., 2010) et par un risque croissant de perturbation de l’interaction plantes-pollinisateurs due au réchauffement de la planète (Memmott et al., 2007).

Prévisions de la distribution de Vespa velutina nigrithorax dans les conditions climatiques actuelles (2010) et futures (2100). Les probabilités d’installation augmentent du bleu au rouge.

Source : Rome et al., 2014